Les Autels-Villevillon
XVIIe siècle
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Les Autels-Villevillon

Le château de l'Aunay

Château de l'Aunay

Le château de l'Aunay se trouve à l'écart du bourg des Autels, près de la route de La Bazoche. Il est planté le long du cours d'eau de la Sonnette.

Il a été construit durant la première moitié du XVIIe siècle. Il est de style Louis XIII. Son constructeur était Jacques Galais, sieur d'Orgeval et avocat au Parlement de Paris. Il s'agissait en fait d'un grand manoir rural, construit en briques et en silex, avec les angles en grison. Il s'agit de matériaux typiques de la région. La brique, tout d'abord est l'élément caractéristique du style Louis XIII. Les briqueteries étaient nombreuses, notamment aux alentours de Charbonnières ou Luigny. Le silex est une pierre que l'on trouve dans tous les champs de la région. Et enfin le grison est typique du sud du Perche et du nord du Vendômois. C'est un matériau très utilisé dans les constructions alentours ; ainsi par exemple des églises de Villevillon, La Bazoche, Luigny ou encore Moulhard. Le château est également bâti en respectant strictement les quatre points cardinaux. Chaque façade n'est orienté que vers un de ces points. Ceci permet également à la façade nord d'être parfaitement perpendiculaire avec l'église. Ainsi, l'ancienne entrée du château et celle de l'église se croisaient donnant l'actuel parvis toujours dégagé de toute construction. La Sonnette fut quelque peu détournée afin de former les douves du château. Un mur d'enceinte entourait le château. Il semblerait qu'il y ait eu un jardin à la française devant le château.

En 1664, au cours de sa prêche dominicale, le curé des autels Thomas Lair décida dénoncer les malversations qui avaient lieux au château. Jean Grenet, le gendre du propriétaire, y avait installé un atelier de faux monnayage. Grenet était le garde des sceaux de la ville de Chartres. Il profita de cette fonction pour faire emprisonner le prélat. Dans la nuit du  au 3 juin 1664, le curé mourut dans sa geôle. Il semblerait qu'il soit mort asphyxié mais sa mort reste mystérieuse. Thomas Lair fut enterré en l'église Saint-Aignan de Chartres. Le registre notait que le curé des autels était décédé alors qu'il avait été incarcéré "injustement et sans cause".

Jean Grenet et Jacques Galais furent sanctionnés. On combla les fossés d'eaux vives et l'étang qui entouraient le château. Le pont-levis, les murs de fortification et les barbacanes furent rasés. Le château se retrouvait alors nu au milieu des terres. Ce qui aurait dû être un riche manoir, précurseur des grands travaux de style Louis XVI, n'était plus qu'une bâtisse ouverte aux vents, sans plus aucun entourage, abandonnée.

Photo : La façade sud
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